Anse de Dinan ⚓ > Plage de la Source ⚓

Dimanche 29 août 2021

Extrait du Journal de Bord de Flóki

Notre très beau mouillage dans l’Anse de Dinan nous donne envie de recommencer. Nous levons l’ancre ce dimanche 29 septembre 2021 et faisons faire route vers la Baie de Douarnenez et un mouillage que nous espérons plus confidentiel, devant la Plage de la Source qui se trouve juste derrière l’Île de l’Aber au nord de la baie.

Mais avant, on navigue… Un bon vent du secteur E-NE de 3-4bft est annoncé, le baromètre indique 1025mb et la journée va être ensoleillée. Nous avons 13,5 nautiques à faire, louvoyant dans la baie nous en ferons finalement 25.

PdlS JAZZ 20210830 101228Avant de vous conter notre navigation, un petit mot à propos de Jazz. Vous vous souvenez sans doute, si vous nous lisez depuis le début de cette croisière, que nous l’avons toujours équipée jusqu’à présent soit de son harnais (au port, au mouillage) soit de son gilet de sauvetage (en navigation).

Nous nous sommes finalement rendu compte que sans entraves elle reste sagement dans le carré, et dort comme un loir tant que dure la navigation… Bref, rien ne vaut d’être libre 😸


Quitter notre mouillage sauvage est bien sûr une nouveauté également et les gestes à enchaîner correctement sont nombreux et parfois simultanés : retirer la main de fer(1) et son amarre, rentrer l’ancre, ne pas oublier de bien la dégager au fur et à mesure dans le coffre où sinon elle s’accumule en faisant des paquets et finit par bloquer le guindeau(2) et enfin récupérer la bouée Grippy qui marque l’emplacement de l’ancre à l’aide de la gaffe.

(1) La main de fer est une sorte de crochet qui permet de soulager l'amarrage de la chaîne, il filtre le bruit de la chaîne sur le davier et renforce la sécurité au mouillage.
(2) Le guindeau est un treuil à axe horizontal utilisé sur les navires pour relever l'ancre, sur Flóki il est électrique et ne fonctionne que moteur allumé.

Enfin, après une demi-heure de chipotages, nous voilà partis…

  • 9h35 allumage du moteur, le capitaine essaie de retirer la main de fer, mais la goupille ne vient pas et le Leitherman est de sortie.
  • 10h15 on lève enfin l'ancre, et nous voilà partis en direction du Château de Dinan pour sortir de l'anse du même nom.
  • 10h37 : Nous envoyons la grand-voile avec un ris, il y a déjà 9nds de vent et nous sommes toujours protégés par l'Anse de Dinan. Nous éteignons le moteur.
  • Nous navigons au grand largue jusqu'à notre sortie de l'Anse de Dinan.
  • 10h58 : nous mettons le cap vers la Pointe de la Chèvre, visant les rochers du chevreau (que nous avons frôlés lors de notre précédente navigation). La force du vent reste stable, autour de 3bft mais sa direction varie selon le relief des côtes que nous longeons, passant de l'est au nord-est.
  • 11h26 : voguant à 6nds, nous doublons la pointe de Kéroux, il y a 11nds de vent et nous sommes au travers, une allure confortable qui nous permet de profiter du paysage.
  • 11h31 : nous doublons le Cap de la Chèvre qui ferme un des côtés de la baie de Douarnenez et héberge un poste de gardes-côtes.
  • 11h45 : nous lançons le génois, il n'y a que 9nds de vent, passé à l'est-sud-est sans doute à cause de l'influence de la baie et des nombreuses côtes proches. Nous nous éloignons du Cap de la Chèvre, faisant route vers l'autre côté de la Baie.
  • 12h21 : après passage de la corne de la chèvre nous déjeunons. Nous allons à 2,3nds au près, une vitesse assez lente pour nous permettre d'espérer attraper un maquereau ou deux, nous lançons donc notre ligne de traîne. Le vent de 8,5nds est revenu au secteur NE.
  • 13h26 : Nous sommes rentrés dans la Baie de Douarnenez, arrivés à la Pointe du Milieu nous virons de bord vers Morgat, de l'autre côté de la baie, toujours au plus près du vent. Une petite houle serrée de 50cm s'est levée.
  • Ce temps calme, notre allure au près serré restant confortable vu le peu de vent, le Capitaine se met au matelotage, dans le but d'arranger cette main de fer dont la goupille est si dure à ouvrir qu'une pince est nécessaire (cfr ci-dessus).
  • 14h00 : le vent monte à 15nds, nous sommes toujours au près et allons à persque 5nds, c'est trop vite pour la pêche et nous rentrons la traîne. Aucun maquereau au menu de ce soir. Le capitaine reprend la barre (qui était sur pilote automatique). Nous apercevons au loin la côte est de la baie de Douarnenez, avec la naissance des Monts d'Arée.
  • 14h30 : quelques nuages sont apparus, nous virons de bord avec 17nds de vent. A 14h50 nous décidons de prendre 2 ris dans le génois (nous avons gardé le ris dans notre grand-voile pris au départ de l'Anse de Dinan).
  • 16h00 : toujours louvoyant vers le fond de la baie, nous arrivons en vue de Douarnenez et relachons un des ris du génois pour essayer d'avancer, le vent monte cependant en raffales à 19nds.
  • 16h30 : Flóki mouille son pont, la gîte atteint 15°, nous avons des raffales à 22 noeuds et rentrons le génois. Le vent est passé au nord. Nous sommes encore à 7 bons milles nautiques de notre destination mais nous avançons bien, entre 5 et 6nds.
  • 17h38 : nous arrivons en vue de notre destination, l'anse de l'île de l'Aber. Il y a l'air d'y avoir déjà du monde dans l'anse. Nous avons toujours une moyenne de 20nds de vent. Pourvu que la crique soit bien abritée...
  • 17h56 : nous affalons la grand-voile, le vent monte à 23nds, et nous dirigeons vers la plage de la Source, au moteur. Un grand ketch de 13m nous précède, il affale ses voiles et va sans doute mouiller au même endroit que nous.
  • 17h59 : balotés de toutes parts par le vent, nous suivons le ketch vers le plages, espérant que cela se calme sous l'influence des falaises à droite de l'anse.
  • 18h18 : nous sommes à l'ancre, la bouée Grippy est à 15m, le capitaine n'a plus qu'à mettre la main de fer et c'est bon. Nous avons 3,5m sous la quille. Le vent est tombé à 8nds dans la crique. Nous serons à l'abri.
  • 19h00 : on a encore le temps pour un petit plongeon dans cette belle eau turquoise et transparente. Pour ma part, c'est irrésistible...
  • 20h39 : coucher de soleil sur l'île de l'Aber, qui n'est pas une île mais une presqu'île isolée par un isthme et accessible seulement à marée basse. Cela a le mérite de la protéger du tourisme de masse et de préserver sa faune et sa flore, mieux sans doute que sa petite soeur "L'île Vierge", près de Morgat, comme nous le verrons plus tard.

    notre escale devant la plage de la source

    Pas de surfeurs pour se distraire dans cette crique ou nous sommes finalement 5 bateaux en mouillage sauvage devant cette petite plage abritée des vents du secteur nord par la pointe de Tréboul (ou pointe du Guern) et de ceux du secteur ouest par l’île de l’Aber.

    Les activités nautiques ne sont cependant pas inexistantes comme nous l’avons découvert : une bouée qui flotte le long des côtes, rasant les rochers, c’est bizarre et je prends mes jumelles … A 10 mètres devant la bouée, un jet d’eau, c’est un snorkeleur (un randonneur nautique si vous préférez).

    Après une vérification sur internet, j’apprends que la réglementation s’y est mise aussi pour cette activité que je pratique depuis mon adolescence sans rien d’autre que mon masque et mon tuba : il faut maintenant traîner une bouée de manière à signaler sa présence aux autres plaisanciers (qui sont sensés vous éviter et passer à plus de 100m de vous).

    Ces petites plages en galets qui bordent la face nord de l’île de l’Aber me font de l’œil, maintenant que j’ai vu plusieurs snorkeleurs la longeant : je convaincs donc mon beau Capitaine d’y faire un tour en annexe. Nous avons bien sûr un peu traîné le long de ces magnifiques rochers pleins de trous slalomant sur l’eau turquoise dont on voit le fond sans peine, entre rochers et sable blond. Le temps n'était pas fantastique, mais suffisamment beau pour permettre cette petite escapade.

     

    Je ne peux pas encore faire de photos sous l’eau, mais je réfléchis à investir dans un appareil photo ou une caméra qui soit étanche et avec lequel je puisse plonger. En attendant, je peux vous dire que ma balade d’une heure sous l’eau m’a permis d’observer de nombreuses espèces d’algues, de mollusques et de poissons. Les eaux du littoral breton sont encore bien riches en biodiversité. Avant d’investir, il me plairait de convaincre mon beau capitaine de s’essayer lui aussi à la balade sous-marine afin que nous puissions en profiter tous les deux.

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